Entre les plages du Débarquement et la plaine de Caen, Bazenville est un petit village agricole bien tranquille. 147 habitants et plus de 300 bêtes à cornes se partagent 4 km² de l’une des plus riches terres du Bessin.
Avec ses herbages bordés de haies et ses chemins creux et ombragés, Bazenville est connu pour son église du XIIème siècle; pour ses corps de fermes ceints de hauts murs de pierres calcaire, pour ses nobles manoirs, ses châteaux du XVIIIème et aussi, pour ses vaches laitières.
Installé depuis l’Antiquité puis dominé par deux seigneurs féodaux, il ne s’y est pas passé grand-chose depuis la guerre de Cent Ans. Même la Révolution n’entamera qu’à peine la prospérité du village. En revanche, le XXème siècle, avec notamment le Débarquement va marquer cette commune toujours restée à l’écart des grandes routes.
Au travers de témoignages, d’images et d’anecdotes, ce site raconte son histoire.


Sur un plateau à 4 km de la mer, ce petit village de 140 habitants se trouve dans une zone stratégique. C’est sur la côte, 60m en contrebas, que débarqueront 25 000 hommes de l’armée anglo-canadienne. Choisi comme site d’un terrain d’aviation allié majeur, du jour au lendemain, Bazenville se transformera en fourmilière militaire anglophone.
Témoins singuliers du Débarquement, les Bazenvillais étaient alors enfants. Adultes, ils racontent. Sans doute leur perception a-t-elle été faussée par leur jeune âge ; sans doute n’ont-ils gardé que les souvenirs les plus marquants, et souvent dans le désordre. Qu’importe.
Des dizaines d’années plus tard, leur émotion est intacte.

Bazenville n’est qu’à 4km de la mer à vol d’oiseau
Du haut de ses 60 mètres, le village distingue la côte, depuis la falaise de Saint-Côme-de-Fresné à l’Ouest jusqu’aux dunes de Ver-sur-mer.
Pour les paysans, c'est un autre monde. Ils n'ont rien à y faire.
Pourtant, depuis le milieu du XIXème, le canton de Ryes s’anime d’autre chose que de la vie rurale : le tourisme balnéaire. C’est entre 1850 et 1939, de Graye-sur-mer à Port-en-Bessin, que cette activité connaît son plus fort développement.
La deuxième guerre mondiale en bouleversera totalement le caractère.

Battage du grain à Bazenville
La vie tourne autour des fermes, du lavoir, de l’école et des cérémonies religieuses. Les petites exploitations agricoles assurent la subsistance de la maisonnée quand les très grandes, tenues par quelques mêmes familles, se consacrent à l’élevage de vaches laitières et aux cultures de céréales et de fourrage.
Femmes, hommes et enfants tiennent chacun un rôle bien défini. Et tous travaillent très dur. Seul répit : les fêtes familiales et paroissiales.

Borne militaire romaine située en contrebas de Bazenville en bordure de la D12
A l’instar du territoire qu’on nommera plus tard le Bessin, son emplacement sur le très épais limon des plateaux en faisait un site de choix.
Convoitée de toutes parts, cette terre riche où alternent forêts et enclaves dénudées voit aussi prospérer des ports.
Celtes, Gaulois, Romains au Ier siècle av.JC, Normands, pirates saxons au IIIème siècle, Francs au Vème et Vikings au IXème, tous ont laissé des traces.
C’est probablement au Saxon du nom de Baseus ou Basenus, qui y établit une villa (une « ferme » à l’époque gallo-romaine, que l’on doit le nom de Bazenville

Bazenville s’étale sur 4km², 65 mètres au-dessus du niveau de la mer
Ruraux, ils passent des campagnes découvertes de l'Est aux bocages et aux marais de l'Ouest. Et le long des paysages littoraux se succèdent plages sableuses puis falaises abruptes.
Modelés par le relief et aménagés par l'homme, ils ont évolué au cours des siècles. Ils racontent l'évolution du peuplement, de la vie rurale, de la société et de son économie.
Souvent méconnus malgré leur originalité, Ils ont inspiré artistes peintres, graveurs et photographes. Et depuis la fin des années 80, le souci de préserver le paysage mobilise de nombreux acteurs.

Le 2 août 1914, c’est la mobilisation générale. Le lendemain, l’Empire allemand déclare la guerre à la France, alliée au Royaume-Uni et à l’Empire russe.
A Bazenville, les hommes âgés de 20 à 48 ans sont envoyés au front. Les villageois doivent fournir avoine, paille, foin, porcs ou encore chevaux pour les besoins de l’armée, et la mairie verse de l’argent aux réfugiés de l’arrondissement de Bayeux et aux prisonniers de guerre.
L’armistice est signé le 11 novembre 1918 et le traité de paix le 28 juin 1919. Le retour des soldats dans leur village se fera jusqu’en juin 1920.
Lors des célébrations du centenaire à Bazenville, leurs descendants racontaient.

Ferme-manoir de l'église